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        <title>Le Faire Savoir Haut et Fort - le_faire_savoir_avec_des_mots</title>
        <description>Le Savoir Faire c'est bien, le Faire Savoir c'est mieux</description>
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                <title>Bonne Nouvelle</title>
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                <author>noreply@ (papao)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 06 Oct 2007 17:59:21 +0200</pubDate>
                <description>
                    Après &lt;strong&gt;&quot;&lt;em&gt;A la Petite Cuillère&quot;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;et &quot;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;And The Winner is&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&quot;, &quot;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bonne Nouvelle&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&quot; est le 3ème essai de nouvelle publié sur ce blog &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;****************************************************************************************************&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre 0h45 et 1h10 du matin environ (et un même un peu plus tard le week end), quelque part en particulier et partout dans Paris en général, c’est l’heure du dernier métro. C’est en tout cas ce que les Parisiens prétendent. Le dernier métro par-ci, le dernier métro par-là, comme s’il n’en existait qu’un !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/02/fb66278c384f572a24979f4a4ad63a41.png&quot; id=&quot;media-547931&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;f617edfb4c54a45ae8259170e81b47e9.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mauvaise nouvelle pour eux mais c’est faux : le dernier métro est une légende. Un célèbre film a beau lui avoir fait la part belle aux débuts des années 1980, il faut se rendre à l’évidence : ce n’était que du cinéma. Rendons à César ce qui est à César.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, il y a autant de dernier métro que de lignes de métro. Quatorze lignes de métro, disponibles dans un sens ou dans l’autre cela fait potentiellement vingt-huit derniers métros. Dont Acte. Parmi ces vingt-huit derniers métros, un seul sera réellement le dernier métro du jour c'est à dire le dernier à rentrer au &quot;garage à métro&quot;. Pour nous usagers, il est impossible de savoir si l’on a pris place à bord DU dernier métro. En réalité, on prend au mieux le dernier métro de sa ligne mais tous les Parisiens ont envie de croire - question d'imaginaire - qu’ils prennent LE dernier métro. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque soir, jours fériés inclus, dans le même créneau horaire, le ciel de Paris résonne d’un même couplet. En ces quatre points cardinaux, des centaines de Parisiens que souvent tout opposent pendant la journée se retrouvent unis l’espace de quelques minutes derrière le même objectif : avoir le dernier métro, enfin &lt;u&gt;leur&lt;/u&gt; dernier métro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/00/f41b63cb6ebdff1916e3c7f9ae49dec5.png&quot; id=&quot;media-547933&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;09d2e609f7635f0ec68b2a9cfa77d4d4.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dans le film de François Truffaut, mais pour des raisons différentes, il ne faut surtout pas le rater. Le dernier métro a parfois bon dos. Quel Parisien ne s’est jamais réfugié derrière cette belle excuse pour fuir un repas interminable ou abréger une soirée qui ne tient pas ses promesses. &lt;em&gt;« On va y aller sinon on va rater le dernier métro. Merci. Cette soirée était vraiment sympa»&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois dehors, la course contre la montre commence &lt;em&gt;« Tu crois qu’on aura le dernier métro ? » &lt;em&gt;«J’en sais rien mais si tu continues à marcher comme une tortue c’est sûr qu’on est bon pour un taxi. Arrête de parler. Cours»&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;. Courir après leur dernier métro : voilà le sport quotidien des Parisiens. Une fois par jour, ils savent au moins après quoi ils courent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeunes, vieux, riches, pauvres, tout le monde dans le même wagon. Pas de business, tout le monde en classe galère. Les transports urbains ont en commun de gommer les jalousies.  Prix du trajet : 1 euros 50. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/01/c98771c470f341efa70dc97d92e0e0bb.png&quot; id=&quot;media-547935&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;361f959bacace41b82bfc548b6425a91.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela est nouveau pour moi. Je ne vis à Paris que depuis six mois. Je suis un enfant du sud. Une enfance heureuse baignée par le soleil marseillais et ses reflets sur la Grande Bleue. Ma mémoire est pleine de souvenirs indélébiles. Les parties de cache – cache dans les ruelles étroites et pentues de mon quartier, le Panier, les odeurs enchanteresses du camion à pizza installé sous la fenêtre de notre salon sont les images les plus présentes de mes années d’insouciance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cause du soleil qui tape et du Mistral qui fatigue, la nonchalance est devenue, avec le temps, mon principal trait de caractère. Comme tout Marseillais, j’ai fini par m’en remettre à la Bonne-Mère pour qu’elle veille à ma destinée avec autant d'attention et d'amour qu'elle ne le fait pour notre ville. Un bac littéraire obtenu par le plus grand des hasards et trois années de cours de comédie plus tard, je suis face à la première grande décision de ma vie : Rester ou Partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/00/83c0d7649df4b425144c334abb688798.png&quot; id=&quot;media-547940&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;994b871c602e0cfc3163c8853e37eaa5.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les décors et les répliques magiques des nombreux films de Pagnol tournés en bas de chez nous sur le Vieux-Port m’ont inconsciemment donné l’envie de jouer. Mon père s’appelle Marius, cela a peut-être joué également. En trois années, avec des professeurs talentueux et passionnés, j’ai appris les ficelles du métier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/00/1d22ad2272d9d9388d72d027fd606136.png&quot; id=&quot;media-547937&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;aecf1c2ed3edf60868e6d94210f341b7.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Monte à Paris, Antoine. Monte à Paris Minot. Montre leur qui tu es aux Parigots. Fais tes preuves et plus tard, tu redescendras nous montrer que tu es devenu un caïd. Regarde la Bonne Mère, elle te protègera»&lt;/em&gt;. Ces encouragements me mettaient déjà sur la voie du départ. Mes professeurs n’avaient pas tort car il n’y avait pas l’ombre d’un avenir pour un jeune débutant comme moi sous le soleil de la Canebière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marseille est un immense théâtre à ciel ouvert. Cela doit venir des origines grecques de la ville. Les comédiens sont partout, à tous les coins de rue, sur le vieux port, aux terrasses de café. Un spectacle gratuit et quotidien. C’est un sport national, une distraction mais pas un travail à plein temps. Cette comédie géante entretient la légende et la réputation de la cité Phocéenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conclusion : une seule voie de secours, la gare Saint – Charles et une seule porte de sortie, Paris. J’aurais préféré m’exiler à Cannes pour d’évidentes raisons climatiques mais pour réussir dans le cinéma il faut d’abord réussir à Paris. Monter les marches une à une puis un jour se retrouver au pied de celles du Palais des Festival. Doux rêve. En attendant de caresser mon rêve, je me suis retrouvé un matin de janvier avec une boule de pétanque dans la gorge devant les marches du célèbre escalier de la Gare Saint – Charles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour tous Marseillais, Saint-Charles c’est la Grande aventure. Celle du froid. Saint-Charles vous envoie principalement vers le seul des quatre points cardinaux de l’hexagone que les Marseillais fuient et redoutent le plus : le Nord. Même la Bonne – Mère ne peut rien faire contre cela. Avignon est même considéré chez nous comme une ville du Nord, c'est vous dire. Le cœur lourd, j'étais malgré tout fin prêt pour la grande aventure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/02/86873f0e89c9b6d75005f61c8439101f.png&quot; id=&quot;media-548136&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;8ae45a9918d134e21061d93613e253c6.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne cessais de me répéter &lt;em&gt;&quot;A nous deux Paris&quot;&lt;/em&gt; comme pour mieux me préparer à un combat que je savais à l'avance difficile. J'avais une idée fixe en tête, devenir un Rastignac des temps modernes et un objectif clair et non négociable, refuser les rôles de figuration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Six mois après mon installation dans la ville lumière, je n’avais toujours pas vu le soleil. La grande bleue n’était plus qu’une photo en bonne place sur le pêle-mêle de ma cuisine, les ruelles s'étaient transformées en larges avenues et les pizzas étaient surgelées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De castings en castings, je suis allé de déceptions en déceptions. Les professeurs m’avaient prévenu, un fort accent peut &quot;accentuer&quot; la difficulté. Mes craintes se sont vite confirmées et mes oreilles se sont vites mises à siffler dès que j’entendais le verdict &lt;em&gt;« Vous êtes bon, très bon même mais votre accent à couper au couteau est rédhibitoire. On ne peut vous proposer que de la figuration. Vous savez c’est vraiment dur à entendre pour le public cet accent.»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/02/63c8c7c29a83a4e8561b3a4c97a57248.png&quot; id=&quot;media-547977&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;33dd4a590d7f32628c157735bb294cc9.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par orgueil et pour ne pas perdre la face, ma réponse était toujours la même &lt;em&gt;« Si vous ne voulez pas entendre mon accent, moi je ne veux même pas entendre parler de votre rôle de figuration»&lt;/em&gt;. Une fois la porte du casting claquée, je me répétais inlassablement la même phrase &lt;em&gt;«Grillé comme une sardine qui sort du Vieux - Port, voilà ce que tu es avec ton accent. D’où ils sortent ces professionnels de l’audition qui se prennent pour des spécialistes de l’oto-rhino-laryngologie. Mettre tous les marseillais dans le même panier, ça me rend fada»&lt;/em&gt;. Les six premiers, je n’avais pas avancé d’un pouce, pas monté une seule marche et Cannes me paraissait loin. Très loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/02/0cb4f71f863301328e313e3b3f3623a6.png&quot; id=&quot;media-547943&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;b3c7a94a2e87c0365bcb39502d4a3e2f.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec des marches lustrées au Savon de Marseille, mes premiers pas de Rastignac ont été difficiles. J’ai fini par m’habituer à la grisaille parisienne mais j’ai pris mon temps. Pour me calmer après les castings, je filais dans le premier Nature et Découvertes que je trouvais sur mon chemin pour écouter un de ces CD avec le bruit des vagues. Marseille me manquait terriblement. Très rapidement, je suis allé au casting avec les adresses de tous les Nature et Découvertes de la capitale pour pouvoir me calmer le plus vite possible. Je les connais presque tous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/01/6335f1942e4d4f02c39e22ea889f4f64.png&quot; id=&quot;media-547974&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;06327d08d469309938a1106b5e6f8070.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En arrivant à Paris, je n’ai pas trouvé autre chose - faute de moyen et de boulot -qu’une petite chambre de bonne miteuse en face de la Gare du Nord dans le 10ème arrondissement. A l’angle de la Place de Roubaix et de la Rue de Dunkerque exactement. Il fallait me croire quand je vous disais qu’un marseillais qui quitte sa ville a forcément rendez-vous avec le Nord. Je ne suis pas resté longtemps, je n’en pouvais plus de me réveiller avec la Gare du Nord en bas de chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/00/7730de5bdb7bd46ce24ca14bc9e01e09.png&quot; id=&quot;media-547945&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;10fe2acb5accd8505af60fe491f9b2b4.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai passé l’intégralité de mon premier mois à déambuler sur les quais de la Gare, prêt à monter dans le premier train pour aller demander des comptes à la Bonne – Mère. J’ai quand même mis à profit ma présence dans le quartier pour dénicher un petit boulot. Un peu d’argent et beaucoup d’oxygène pour repousser au plus tard possible, le moment où je serais obligé de jouer les figurants. Je travaillais de 16h30 à 00h30. C’était idéal pour moi puisque cela me laissait le temps d’aller courir les auditions pour casser les oreilles des directeurs de castings parisiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en ai aussi profité pour emménager dans un petit studio à Bastille. Le hasard m’a encore joué des tours puisque j’habitais dans une artère qui porte mon prénom. 2 Faubourg Saint-Antoine, 2ème étage, porte droite exactement. Le Faubourg débouche directement sur la Place de la Bastille. J'avais l’impression d’avoir rendez-vous avec l’histoire, avec mon histoire. Un peu comme les Marseillais qui sont montés en 1789 libérer la Bastille. Je ne chantais pas encore la Marseillaise en rentrant chez moi mais je me sentais déjà beaucoup mieux. Il y avait du mieux et ma nouvelle vie commençait à s'organiser petit à petit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/01/af4228433d8a6fb985b0f250e888f0d7.png&quot; id=&quot;media-547972&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;6b32bfc2b76581c6da99c9a5aea53362.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais donc trouvé un petit boulot de caissier et d’homme à tout faire dans un petit cinéma de quartier situé dans le 10ème arrondissement. Le cinéma s’appellait « Le cinéma du bout de la rue ». C’était un peu comme le bistrot d’en bas sauf qu’il était au bout de la rue. Un mélange d’étudiants, de cadres trentenaires sans gamins et d’anciens faisait du quartier, un endroit paisible et agréable. Une population cosmopolite, comme à Marseille, c'était l'idéal pour moi. Cette rue était un petit coin de paradis pour moi. Elle me rappellait &quot;le Panier&quot; de mon enfance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je travaillais Rue du Paradis. C'est une rue étonnante dans laquelle il règne une atmosphère à la «Chacun cherche son chat» de Cédric Klapisch. D’après mon patron, ce film était d’ailleurs celui qui avait le mieux marché ces dernières années. Il était resté quatre semaines à l’affiche ce qui était énorme chez nous compte tenu de notre programmation éclectique. Les gens du quartier s'étaient en quleque sorte reconnus dans l'atmosphère du film. Une sorte d’art de vivre où l’on prend le temps de se parler, où l’on prend la liberté de rester sur le trottoir aussi longtemps que dure la conversation. Cette rue existe aussi à Marseille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/00/5c320fd4d748fa84e1dccf06e9610ea1.png&quot; id=&quot;media-547949&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;d326393a6d87aabc3103972f88e0a9a2.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La clientèle du cinéma ne venait pas que du bout de la rue bien sûr. On distribuait nos programmes dans toutes les rues avoisinantes. Les étudiants et les anciens venaient en fin d’après-midi et les trentenaires le soir. Beaucoup venaient chercher le programme à la caisse pour nous demander conseil. Le soir, quand les trentenaires rentraient du boulot avec leur journal sous le bras, j’avais presque toujours le droit à la même réplique &lt;em&gt;&lt;em&gt;«Ils nous prennent vraiment pour des cons, il repasse &quot;Marius&quot; pour la dixième fois. J’ai vu dans le programme que tu programmes un film brésilien ce soir. On redescend pour la séance de 22 heures 25. A toute à l’heure»&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;. Même si j’appréciais beaucoup les bobos du quartier, je leur demandais de ne pas attenter à un prénom qui avait fait la gloire de mon père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le patron avait mis en place une carte de fidélité. Nos clients venaient quand il n’y avait rien à la télé. Ils venaient donc très souvent. En moyenne 3 fois par semaine. Le cinéma était devenu l’attraction de la rue. L'affaire marchait très bien et la voiture de mon patron, une petite sportive anglaise, en était la preuve. Notre programmation mixait grands classiques du cinéma étranger et films d’auteurs français. Je peux garantir que les parties dominicales de Trivial Pursuit dans le quartier devaient assurer le camembert rose, celui des questions Cinéma, à tout le monde. Sans exagération. Parole de Marseillais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/00/44a9e291ef34a7464c0a2987972af5df.png&quot; id=&quot;media-547981&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;d81b897c33607c2577c510e2f03595db.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière séance était à 22h25. Le temps de faire la caisse, il était 0h30 et déjà l’heure de courir vers le dernier métro pour des milliers de Parisiens. C'était aussi mon cas et c’était à cet horaire précis que ma séance de cinéma à moi commencait. Chaque soir, aux alentours de 0h30, je  répètais la même phrase à mon patron &lt;em&gt;«Je file sinon je vais rater mon dernier métro»&lt;/em&gt;. Il me croyait sur parole, il est parisien : il savait ce que cela voulait dire &quot;attraper le dernier métro&quot;. Enfin, il savait car il s’était légèrement embourgeoisé avec sa belle voiture. Avoir mon dernier métro était une excuse. Personne ne m’attendait, j'étais célibataire et je n’avais pas de famille dans la capitale. Tout cela, mon patron ne le savait pas. C’est un passionné qui vit dans sa toile et qui avait beaucoup de mal à en sortir. Avec lui, soit on parlait cinéma, soit on ne parlait pas. En réponse à mon laconique &lt;em&gt;«Je file sinon je vais rater mon dernier métro»&lt;/em&gt;, il me répondait invariablement par &lt;em&gt;«C’est un de mes films cultes. 10 césars Antoine, tu te rends compte. 10 césars c’est énorme. Il faudrait absolument qu’on le programme. C’est très parisien comme film. On ajoutera une petite pancarte &lt;strong&gt;Attention chef d’oeuvre&lt;/strong&gt;»&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/02/0b7beaeec1939009cdc42feb55784db7.png&quot; id=&quot;media-547960&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;9d53944b5af6bb28ba620398db3c75ea.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’habitude, je rentrais à pied car je n’aimais pas prendre le métro. Une petite demi-heure de marche ne pouvait pas me faire de mal et puis Paris est tellement magnifique la nuit. C’est comme cela que j’ai entendu des centaines de parisiens prononcer le fameux &lt;em&gt;«Tu crois qu’on aura le dernier métro ?»&lt;/em&gt; &lt;em&gt;«J’en sais rien mais si tu continues à marcher comme une tortue c’est sûr qu’on est bon pour un taxi. Arrête de parler. Cours»&lt;/em&gt;. Un orage de chaleur un soir de mai m'empecha de rentrer à pied. Depuis, j’adorais prendre le métro et je courais moi aussi -le petit marseillais- pour avoir mon dernier métro. C’était ma dernière séance de cinéma à moi. Mon dernier métro était une excuse. Une très belle excuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/00/f285c707450715bbecad640c6bfb3f25.png&quot; id=&quot;media-548008&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;c93e0ba2f3efa0169cfbf44694e731bf.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous étions début mai et Paris était presque désert avec les week-ends prolongés. Les Parisiens étaient peut-être partis chercher du sable sur la plage du Prado pour construire leur Paris Plage. Depuis huit jours, à l’heure du dernier métro, ma station était déserte, enfin presque déserte. Cette station était très aérée, plutôt belle, et surtout j’aimais beaucoup son nom. On ne prête guère attention aux noms des stations de métros mais elles ont sûrement beaucoup de choses à nous apprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on attend son dernier métro, je peux vous dire que l’on est attentif à tout. On s’occupe, forcément il y a moins de métro. Pour ma part, je regardais tout. J'étais devenu incollable sur l’actualité de la publicité : des spectacles aux destinations de vacances en promotion en passant par les dernières tendances en matière de dessous féminins : rien ne m’échappait. J'étais au courant de tout. Depuis huit jours, je regardais tout et surtout une jeune femme qui était venue s’asseoir en face de moi, de l’autre côté du quai sûrement à cause de l’orage également. Elle était magnifique avec ses cheveux mouillés. Depuis une semaine, elle était là tous les soirs. C’était elle mon excuse. Statistiquement parlant, je pense que la probabilité de n’avoir que deux personnes dans une station de métro plusieurs jours de suite est très faible voire nulle. Peut-être un signe du destin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/00/e83fcb85f286ea8c2b8507fc7b3a8af6.png&quot; id=&quot;media-548172&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;491ed51951278bf79a39e10c01c4515c.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’installait chaque soir en face de moi, sur un des sièges situés au centre du quai alors que tous les fauteuils étaient vides. C’était peut être une vieille fille pleine d’habitudes ou alors je lui plaisais. Je n’en savais rien à vrai dire. Vieille fille, je n'y croyais pas trop car malgré l’heure tardive, son regard était toujours pétillant. Elle était en plus habillée très à la mode. Depuis huit jours, je rejouais le Dernier Métro dans ma tête. J'étais Gérard Depardieu, elle était Catherine Deneuve. Elle était belle, terriblement belle, même avec les cheveux secs. Disons qu’elle avait quelque chose de différent, un je ne sais quoi en plus. Peut-être son regard ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/00/29534bb37a32e4a718ec6b9b190fd311.png&quot; id=&quot;media-548132&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;17d7f8c34f9448bde95ae6bb5fa580ed.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je parcourais les publicités placardées au-dessus de son visage d’ange. Une façon comme une autre d’essayer de croiser son regard. Une publicité pour pratiquer l’accro branche à 15 kilomètres de Paris par exemple. Je savais bien que ce n’était pas une activité pour moi, j’ai le vertige debout sur un tabouret. Je me disais surtout qu’il n’était pas nécessaire d’aller à 15 kilomètres de Paris puisque ma belle excuse – là juste en face de moi - ressemblait elle aussi à un parcours d’accro branche. Le couloir de métro qui nous séparait me semblait aussi vertigineux et dangereux que la distance qui séparait les deux arbres sur la publicité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs au-dessus des rails, une consigne de sécurité équivoque rappellait &lt;em&gt;«Ne pas descendre sur la voie. Danger de Mort»&lt;/em&gt;. Le pictogramme qui accompagne le message était sans appel : un homme foudroyé par un éclair. J’adaptais cette consigne à ma situation &lt;em&gt;«Ne pas regarder de l’autre côté de la voie. Beauté Fatale. Danger de mort»&lt;/em&gt;. Une autre publicité pour s’envoler à bas prix pour Vérone attira mon attention. Je me voyais bien à Vérone avec elle. Je serai son Roméo, elle serait ma Juliette et nous terminerons notre semaine par trois jours à Venise dans un hôtel avec vue sur le Grand Canal. Une dernière publicité à sa droite me rappellait que le temps pressait &lt;em&gt;«Les Jeux de l’amour et du hasard. Dernière représentation exceptionnelle demain soir»&lt;/em&gt;. Un signe de plus pour le comédien que j’essayais de devenir. Et si elle n’était que de passage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/01/ba5c9618a9082c821be19bf5e254f008.png&quot; id=&quot;media-548174&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;37eca544a82f72a0e7b170ab465a8c5a.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me préparais donc pour le lendemain soir, ce serait ma représentation exceptionnelle à moi pour elle. Elle s’appellera «Les jeux de l’amour sans le hasard ». Je réfléchissais à plusieurs scénarios : marcher sur les mains pour attirer son regard, jouer les colleurs d’affiche et placarder sous ses yeux ébahis un quatre par trois au texte sans équivoque &lt;em&gt;«A l’attention de la belle excuse assise de l’autre côté du quai. Stop. Oui vous. Stop. Vous savez bien que nous ne sommes que deux dans cette station. Stop. Arrêtez de me regarder comme cela sinon je vous épouse. Stop. Le colleur d’affiche qui a perdu l’usage de la parole depuis qu’il a croisé votre regard. Stop»&lt;/em&gt;. Vous imaginez l’affiche justement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’oserai jamais. Pourquoi ne pas lui lancer mon téléphone portable et lui crier &lt;em&gt;«Je vous appelle demain. N’oubliez pas de le charger cette nuit, la batterie n’est pas terrible»&lt;/em&gt; puis mort de honte je partirai en courant comme un enfant qui vient de voler des friandises dans une épicerie de village.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me voyait forcément : il n’y avait que moi en face d’elle. Nos regards s'étaient déjà croisés des dizaines de fois depuis huit jours. Avec insistance même. C’était même devenu une sorte de jeu. Pas de paroles, que des regards : on aurait du cinéma asiatique. Déstabilisation assurée et accélération du rythme cardiaque garanti quand son regard insistant me donnait l’impression qu’elle cherchait à me dévisager et à en savoir plus. Nos derniers métros arrivaient presque toujours en même temps. Assis l’un en face de l’autre sur nos quais respectifs, nous montions naturellement dans des rames qui se faisaient face et nous nous accompagnions du regard à travers les vitres comme pour nous dire &lt;em&gt;«Bonne nuit l’inconnu(e). A demain. J’espère que vous serez encore là»&lt;/em&gt;. C’était très romantique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pression était sur mes épaules, c’était moi l’homme après tout. Elle devait se dire que c’était à moi de mettre des mots sur le scénario. Quand je la perdais du regard, j’essayais d’imaginer où elle allait, qui elle était, quel était son métier, à quelle station elle allait descendre, si elle rentrait chez elle directement ou si ses soirées ne faisaient que commencer. Se posait-t-elle les mêmes questions ? Mystère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/02/39443ef6ac87c1a6e1fb65944264788f.png&quot; id=&quot;media-548127&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;784434f10e179b0190a25a7094accca7.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'étais prêt à passer à l’action. J’oubliais mes idées farfelues et privilégiait une technique d’approche basait sur le silence et le regard. J'allais me construire une petite sarbacane et lui écrire un message que je lui enverrais assis depuis ma place juste avant que son métro arrive. De l’endroit où j'étais assis, je voyais arriver son métro. Le message serait télégraphique &lt;em&gt;«Depuis huit jours. Stop. Vous êtes devenue mon héroïne du Dernier Métro. Stop. Votre regard me donne des palpitations. Stop. Ratez votre dernier métro. Rejoignez – moi à la sortie de la station. Stop»&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui enverrai le message dès qu’elle tournera la tête en entendant le bruit de son métro qui arrive et au moment précis où il commencera à sortir du tunnel. J’avais précisément 20 secondes pour envoyer mon message avant que le métro n'arrive à sa hauteur. J’avais calculé la veille. Elle lirait donc le message quand le métro serait devant elle. Il me servirait ainsi de rempart et me protégera de son regard. Mon métro arrivant dans la foulée, je bénéficierai alors d’un double rempart. Je prendrais la voie de la sortie à ce moment – là. Au cas où, elle ne me rejoignait pas dehors, je n’aurai ainsi pas à croiser l’humiliation de son regard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le grand jour était arrivé. Toute la sainte journée, j’avais prié la Bonne-Mère de toutes mes forces pour que le dernier métro soit en retard, qu’il y ait un incident technique sur la ligne. J’avais même espéré qu’elle ne soit pas là ce soir-là. J’avais beaucoup plus le trac que pour un casting. J’arrivais en premier comme d’habitude. Elle s’installa en face de moi comme d’habitude. On aurait déjà dit un vieux couple. Ma sarbacane fonctionnait à merveille. Je l’avais testé toute la journée. Mon message était prêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un bruit sourd. Ca y est. Son métro arrivait. J’avais pensé à tout sauf à une chose. Et si mon métro arrivait ce soir avant le sien, ma stratégie tomberait à l’eau. Je serai obligé d’envoyer mon message sans monter dans mon métro et serais donc confronté à son regard au moment où elle découvrira le message. Impossible à imaginer. Je n’arrivais pas à savoir de quel côté venait le bruit. &lt;em&gt;«Bonne Mère aidez – moi. Au secours. Ne me laissez pas tomber. Pas maintenant en tout cas»&lt;/em&gt;. C’est le sien. &lt;em&gt;«Merci Bonne Mère. Merci. Vraiment»&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de tourner la tête pour regarder son métro arriver, elle me regarda avec insistance. Je pris ma sarbacane sans réfléchir car il ne me restait que 15 secondes tout au plus. Le message partit d'un coup sec et arriva à ses pieds. Sur sa chaussure gauche exactement. Je la vis se baisser pour ramasser le message. Le métro arriva presque à sa hauteur. Elle me lanca un dernier regard. Je baissa la tête. Mon métro était en train d’arriver. Ma stratégie fonctionnait à merveille. Je filais donc comme un voleur vers la sortie. Arrivait en haut des marches, je scrutais le ciel. Il était d'un bleu nuit exceptionnel et scintillait de milliers d’étoiles. A ce moment précis, j’avais l’impression d’être en haut des marches du Palais des Festivals.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tournais le dos à l’escalier de peur de la voir arriver. Je préfèrais entendre le bruit de ses pas dans l’escalier. Enfin, j’espérais que ce soit les siens. Depuis le début, je nous croyais seuls dans la station mais c'était sans compter sur l’agent de la RATP de fonction à l’entrée de la station. Trop pressé d’aller rejoindre mon quai chaque soir, je n’y avais jamais prêté attention. Elle portait des talons ce soir-là. J’avais fais attention quand le message était arrivé sur sa chaussure. Le bruit de ses pas ne pourraient donc pas me tromper puisque l’agent de la RATP de fonction était un homme. J’entendis une porte claquée en bas de l’escalier mais un bus qui passait au moment m’empêcha d’entendre les bruits de pas dans l’escalier. J’avais le cœur qui battait à cent à l'heure.…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/02/56a0c7bba0adad9df5097081b692746e.png&quot; id=&quot;media-548147&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;aa3f398dfac09c949e42d93d5039c461.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle : «Bonsoir Jeune Homme»&lt;br /&gt;Moi dans ma tête : « Retournes-toi Antoine. T’es un grand garçon maintenant » &lt;br /&gt;Moi : «Bonsoir mademoiselle»&lt;br /&gt;Elle dans sa tête « Quel accent»&lt;br /&gt;Elle : «Toutes ces étoiles dans ce ciel tout bleu c’est magnifique»&lt;br /&gt;Moi : «J’ai toujours pensé que j’avais une bonne étoile»&lt;br /&gt;Elle : «Votre bonne étoile, c’est la Bonne Mère non avec votre accent ?»&lt;br /&gt;Moi : «Oui, on peut toujours compter sur elle, vous connaissez Marseille ? »&lt;br /&gt;Elle : «J’adore Marseille. C’est une ville de cinéma. Quelle lumière !»&lt;br /&gt;Moi : «C’est une ville de comédiens…»&lt;br /&gt;Elle : «Peut-être mais ils ne sont pas faciles à trouver… »&lt;br /&gt;Moi : «Pardon»  &lt;br /&gt;Elle : «Non rien, on se court après tous les deux, non ?»&lt;br /&gt;Moi : «J’ai l’impression»&lt;br /&gt;Elle : «Vous m’avez rattrapé in extremis. Je pars demain matin pour huit jours»&lt;br /&gt;Moi : «Je m’en doutais, je savais bien que c’était ce soir ou jamais»&lt;br /&gt;Elle : «Votre message m’a beaucoup plu. Vous auriez pu l’envoyer plus tôt»&lt;br /&gt;Moi : «Je n’osais pas»&lt;br /&gt;Elle : «Il faut prendre des risques dans la vie. J’en prends un en étant là avec vous »&lt;br /&gt;Moi : «Vous prenez toujours le dernier métro à cette station ?»&lt;br /&gt;Elle : «Je ne prends jamais le métro»&lt;br /&gt;Moi : «Moi non plus»&lt;br /&gt;Elle : «Mais depuis que je vous ai vu la semaine dernière…»&lt;br /&gt;Moi : «Moi aussi»&lt;br /&gt;Elle : «On peut dire merci à l’orage de la semaine dernière alors… »&lt;br /&gt;Moi : «J’enverrai un mot de remerciement à Météo France demain»&lt;br /&gt;Elle : «C’est romantique comme histoire»&lt;br /&gt;Moi : «J’en ai bien peur»&lt;br /&gt;Elle : «Le dernier métro vous l’avez vu ?» &lt;br /&gt;Moi : «Bien sûr, plusieurs fois même. 10 césars vous vous rendez compte. 10 césars c’est énorme. C’est un film très parisien»&lt;br /&gt;Elle : «Je vois que vous êtes expert»    &lt;br /&gt;Moi : «Je travaille dans un cinéma. Et vous ?»&lt;br /&gt;Elle : « Je travaille dans le cinéma»&lt;br /&gt;Moi : «Pardon»&lt;br /&gt;Elle : «Je suis directrice de casting»&lt;br /&gt;Moi complètement déstabilisé «Il y a un Nature et Découvertes à côté de l’endroit où vous travaillez »&lt;br /&gt;Elle éclatant de rire : «Je ne vois pas le rapport mais c’est vous, j’en suis sûr maintenant»&lt;br /&gt;Moi : «Pardon» &lt;br /&gt;Elle : «Je pars au Festival de Cannes demain»&lt;br /&gt;Moi : «Ah les marches du Palais… »&lt;br /&gt;Elle : «Oh vous savez, on n’est pas plus grand après les avoir montées »&lt;br /&gt;Moi : «Je peux y aller à votre place si vous voulez»&lt;br /&gt;Elle : «Je ne sais pas si j’ai encore besoin d’y aller à vrai dire»&lt;br /&gt;Moi : « Pardon»&lt;br /&gt;Elle : «Vous dîtes tout le temps pardon ?»&lt;br /&gt;Moi : «Pardon»&lt;br /&gt;Elle : «Vous voyez bien que vous dîtes tout le temps pardon»&lt;br /&gt;Moi : «Je dis pardon quand je sens une bonne nouvelle arrivée»&lt;br /&gt;Elle : «J’avais des auditions de prévues pendant le festival mais…»&lt;br /&gt;Moi : «Des problèmes d’oreilles...»&lt;br /&gt;Elle en souriant à sa blague : «Monsieur a un registre très large à ce que je vois. Et dire que je n’osais pas trop allez vers vous »&lt;br /&gt;Moi : «Pourquoi »&lt;br /&gt;Elle : « Parce que n’importe quel homme aurait tenté de me draguer dès le deuxième soir »&lt;br /&gt;Moi : « Je ne suis pas n’importe qui»&lt;br /&gt;Elle : «C’est bien pour cela que je suis venu tous les soirs. Votre différence m’a plu. Je suis curieuse, je voulais voir comment vous alliez m’aborder»&lt;br /&gt;Moi : «Si vous saviez tout ce qui m’est passé par la tête»&lt;br /&gt;Elle : «En tout cas, pas très bavard, j’ai fini par croire que vous étiez sourd – muet» &lt;br /&gt;Moi : «Ca arrange les directeurs de castings en général»&lt;br /&gt;Elle : «Pardon»&lt;br /&gt;Moi : «Vous voyez bien que vous avez des problèmes d’audition»&lt;br /&gt;Elle : «Monsieur est vraiment très drôle»&lt;br /&gt;Moi : «Il paraît que c’est plus agréable pour les femmes »&lt;br /&gt;Elle : «En tout cas c’est un vrai piège à filles votre technique. Pas un mot, tout dans le regard. Très convaincante la leçon de séduction. Devant votre nonchalance, j’étais prête à craquer et à descendre sur la voie pour vous rejoindre mais j’ai lu la pancarte de sécurité : Ne pas descendre sur la voie. Danger de mort ». &lt;br /&gt;Moi : «Danger d’amour oui »&lt;br /&gt;Elle : «J’aime beaucoup votre répartie très cher»&lt;br /&gt;Moi : «Je vous en prie»&lt;br /&gt;Elle : «Sérieusement, j’ai effectivement des problèmes d’auditions. Je cherchais quelqu’un pour un rôle depuis des semaines sans succès mais je crois que c’est en train de s’arranger…»&lt;br /&gt;Moi : «Pardon»&lt;br /&gt;Elle : «Premier rôle ça vous irait»&lt;br /&gt;Moi : «Dans votre cœur ?»&lt;br /&gt;Elle : «Arrêtez de faire le clown» &lt;br /&gt;Moi : « Pourquoi moi ?»&lt;br /&gt;Elle : «Votre accent. Je cherche un vrai comédien avec un véritable accent»&lt;br /&gt;Moi : «Il y en a partout dans le Sud»&lt;br /&gt;Elle : «Tout le monde a un accent mais vous vous avez un registre, un style qui me plait »&lt;br /&gt;Moi dans ma tête avec un regard d’enfant : «Bonne Mère…Bonne Mère…»&lt;br /&gt;Elle : «Coucou, je suis là, réveillez-vous »&lt;br /&gt;Moi : «Il faut que je réfléchisse. Ca y est, j’ai réfléchi je suis d’accord»   &lt;br /&gt;Elle : «Arrêtez de faire le clown. Vous êtes partant ?»&lt;br /&gt;Moi : «Au bout du monde pour vous. Sur la tête de la Bonne-Mère»&lt;br /&gt;Elle en souriant : «Je vous crois alors. On tourne dans deux mois dans le Sud à côté d’Avignon»&lt;br /&gt;Moi : «Au nord, vous voulez dire»&lt;br /&gt;Elle : «Vous êtes touchant. Vraiment»&lt;br /&gt;Moi : «Je fais de la tachycardie quand vous me regardez avec ces yeux-là »&lt;br /&gt;Elle : «Je cherche aussi un premier rôle dans mon cœur»&lt;br /&gt;Moi : «Je suis polyvalent»&lt;br /&gt;Elle : «Prouvez-le moi»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'appel du pied était clair. Il me fallait faire le reste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’année d’après, je montais les marches du Palais du Festival de Cannes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/01/b3b62c6cbd31dfaf372d3c1ad72d7d37.png&quot; id=&quot;media-547991&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;41b662aec1acd834157b5fa39801bf17.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je remercie chaque jour la Bonne Mère, ma bonne étoile d’avoir rencontré ma femme en haut des marches de la station de métro Bonne Nouvelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/00/a5ef26523b44c5d10845fb87b70196ef.png&quot; id=&quot;media-547982&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;2398dce8b6c8849f4cf630105724b680.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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                <title>A la petite cuillère</title>
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                <author>noreply@ (papao)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 30 Jun 2007 13:01:59 +0200</pubDate>
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                    Après &quot;And The winner is&quot; posté il y a quelques semaines, une nouvelle petite fiction d'un genre tout différent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*********************&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Paris. Dimanche 29 Mai 2005. 18h52. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’habite un très grand appartement. Je ne vis pas avec Maman et mon appartement n’est pas située Rue Saint Lazare comme dans la chanson d’Aznavour mais Rue Corneille dans le 5ème arrondissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne vis pas avec ma mère mais pour autant il faut que je l’appelle ce soir : &lt;strong&gt;c’est la fête des mères.&lt;/strong&gt; Si je rate cette occassion, je peux m'attendre à deux mois de silence radio de sa part. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’eau de mon bain est en train de couler : j’adore prendre des bains. Jusque – là, ma vie est normale (j’ai hésité avec banale mais je préfère normale). Disons que pour résumer rapidement : j’ai la trentaine (enfin trente cinq ans mais tant que je n'ai pas passé trente six ans, il est hors de question de parler de quarantaine), je vis en couple, nous n’avons pas d’enfants et de bons moyens financiers (il y a peut-être un lien d’ailleurs). Pour les enfants, on s’entraîne avec deux poissons rouges Jules et Jim que j’adore. J’adore l’amour et le cinéma alors les poissons rouges n’ont pas eu le choix pour les prénoms. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/02/5a4ad51673b9375616aa7e6fc94a3bc2.png&quot; id=&quot;media-432922&quot; alt=&quot;4d814f3279284db8d8ac8f1eee3299ed.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon dimanche soir s’annonce passionnant et pourtant je n’aime pas le dimanche. Ne rien faire de particulier c’est pour cela que le dimanche existe visiblement mais c’est aussi pour cela que je ne les aime pas je crois. J’ai généralement besoin d’action, de rythme, de piment mais aujourd’hui le baromètre de mon humeur s’est arrêté sur « temps calme ». J’habite Rue Corneille : une aubaine pour une fille qui aime lire et qui travaille dans une librairie du quartier latin. La musique est ma deuxième passion : une mélomane avertie et passionnée. J’ai été incollable pendant des années à FA-SI-LA Chanter. Je ne demande pas la légion d’honneur pour cela mais quand même j’étais forte. Depuis que Corneille, le chanteur cartonne le nom de ma rue réunit désormais mes deux passions. Depuis je prends un malin plaisir à me dire que je veux vivre chaque jour comme le dernier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous disais donc que je ne suis pas une « Sunday Addict » et pourtant ce dimanche, je l’ai trouvé bien, très bien même. J’ai passé une grande partie de ma journée au Jardin du Luxembourg, c’est à deux pas de chez moi. J’ai dû me répéter au moins dix fois sans en connaître la raison profonde « Je ne sais pas ce que j’ai, j’aime bien ce dimanche ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’adore le Luxembourg, ses pelouses et son bassin parce qu’il me fait penser à une oasis ombragée et rafraîchissante en plein cœur de Paris. J’aime bien mettre son nom en parallèle de ce petit pays méconnu mais magnifique coincé entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Une oasis tout aussi ombragée et rafraîchissante pour qui a de l’argent à placer. Je connais ce pays car mon homme travaille dans la finance. Je suis allé le rejoindre plusieurs fois sur place. Nous étions à Vianden : un petit village luxembourgeois charmant et coupé du temps à la frontière allemande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/02/02/2fc6786fda3c91e3a9d1fb847843f2a9.png&quot; id=&quot;media-432888&quot; alt=&quot;f8948b8eae27e3ece92bc4b21ab5af2e.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne faut pas grand-chose pour m’étonner et je peux vous garantir que je m’étonne beaucoup : je suis une fan des petits riens qui font tout et des plaisirs basiques en tout genre. Petite, ma mère me disait toujours « Ma fille, ton étonnement m’étonnera toujours » : c’était sa phrase favorite. C’est devenu la mienne également.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui le temps est magnifique et le ciel est d'un bleu exceptionnel. C’est important qu’il fasse beau le dimanche sinon je ne vois pas l’intérêt. Je cherche un intérêt à tout : c’est un de mes problèmes principaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dernier roman de Beigbeder en main, mes lunettes de soleil en position et 5 euros en poche pour prendre un café au coin du Boulevard Saint – Michel avec vue sur le Panthéon avant de rentrer chez moi et me voilà déjà allongée dans les jardins du Luxembourg. J’aime mon quartier. J’ai besoin d’aimer : c’est récurrent chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque matin pour aller travailler, je remonte la Rue Soufflot. Devant le Panthéon, je prends toujours le temps de m’arrêter. Je reste droite face au majestueux monument et me répète chaque jour qui passe « Moi aussi j’aimerai bien donner rendez-vous à Martin dans 10 ans sur la Place des Grands Hommes, on sera sûrement marié et Jules et Jim auront des camarades de jeu à deux jambes ». J’ai 35 ans maintenant. Après ce break furtif et puéril devant ce que la patrie a pu compter d’hommes valeureux, une petite voix intérieure s’empare de moi et me souffle « Ma pauvre Claire. Tu as 35 ans et tu penses comme une adolescente de 16 ans. Quelle naïveté, c’est affligeant !». Martin est l’homme que j’aime. Nous en reparlerons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/00/4ae7581ea9d5f612e85416a17d50427d.png&quot; id=&quot;media-432905&quot; alt=&quot;bd5a125432e9cf8fc0abb23b5920c4d8.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour en revenir à Beigbeder, j’aime beaucoup plus son style d’écriture que son look mais c’est un détail car son talent est intact au fil de ses romans. Comptez 4h30 si vous lisez son dernier roman au Luxembourg sinon 2h30 devrait suffire. Les deux heures de différence se répartissent de la façon suivante :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- 30 minutes pour laisser son regard se perdre sur les enfants qui mangent leur glace en en mettant la moitié sur leur tee-shirt.&lt;br /&gt;- 30 minutes pour regarder un homme faire la cour à une femme en s’y prenant comme un manche (homme et manche sont peut-être deux synonymes).&lt;br /&gt;- 30 minutes pour s’imaginer en vacance sur une île des Cyclades ou sur la côte Amalfitaine.&lt;br /&gt;- Enfin, 30 minutes pour observer les solitaires qui peuplent le Luxembourg et imaginer leurs vies à leurs places.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prendre le temps, laisser les minutes défiler sans regarder sa montre et vivre le dimanche comme un film qui passe au ralenti. Dans un parc avec un peu d’imagination, le film du dimanche soir peut commencer vers 14h00. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce jour-là, je suis revenu chez moi vers 18h00. Je le sais car il y a une grande pendule dans l’entrée. J’étais heureuse et toute tatouée. Vous savez le tatouage « spécial parc et jardin », celui qui vous fais des marques sur les coudes après des heures de lecture allongée dans l’herbe. Cela me rappelle mes week-ends d’enfance dans la maison de compagne des parents de maman en Touraine.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je ne sais pas encore en revanche c’est que quand je sortirai de mon bain, ma vie prendra une tournure pour le moins inattendue. Dans ma tête, le film de mon dimanche soir aurait le scénario suivant : sortir de mon bain parfumé au sel de Guérande, ouvrir une bouteille de rosé fraîche et parfumée, me délecter d’un petit verre en regardant « Un homme et une femme » de Lelouch. Un dimanche soir tranquille et seule. Je vis en couple mais j’ai besoin d’être seule de temps en temps. Martin avec qui je suis depuis 5 ans est formidable. Un mec bien sous tout rapport.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/01/00/acc70b39a1c3a57d64482c8057a00349.png&quot; id=&quot;media-432926&quot; alt=&quot;c167ec17a06c07c361244f29a2465786.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il bosse dans la finance et a des revenus qui conviennent parfaitement à mes besoins. L’appartement Rue Corneille lui appartient. 80m2 dans le 5ème ça le fait bien je trouve à notre âge. De toute façon, j’en attendais pas moins car j’ai toujours été attirée par ce qui brille. Pourtant de mon côté, j’ai un job très madame tout le monde. Je travaille dans une petite librairie derrière le Panthéon. Un job tranquille mais qui ne me lasse pas. Les journées ne se ressemblent jamais et les étudiants qui peuplent le quartier changent d’année en année. Ils me font souvent rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans prétentieux, je suis plutôt mignonne alors ils doivent se repasser le plan genre « La libraire à l’angle de la Rue d’Ulm, elle est vraiment mignonne. J’ai bien regardé, je suis catégorique : elle n’a pas d’alliance. C’est du lourd les gars ce soir je lui propose un rencard ». Je les repère direct les petits malins qui font semblant de s’intéresser à des livres uniquement pour engager la conversation avec moi : ils sont pleins d’audace. Ils me renvoient à moi-même quand j’étais lycéenne. Pour mettre fin à leur fougue, j’utilise mon regard n°3 celui qui amicalement mais fermement leur fait comprendre que c’est peine perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons à Martin. Ma mère ne l’aime pas trop du moins c’est ce que je pense. Elle doit se dire que je suis avec lui uniquement pour son fric. Elle garde ses distances avec lui pour éviter de trop lui faire sentir qu’elle n’accroche pas. Mon Martin n’est pas fou, il se doute bien de tout cela mais il est très fort pour faire comme si tout cela n’existait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Martin est en voyage d’affaire cette semaine. Il part régulièrement. Luxembourg, Londres, Francfort et parfois même à New-York. J’aime bien quand il va à New-York car j’ai l’impression de sortir avec quelqu’un de très important : une sorte de star. Je sais c’est con mais c’est ce que je me dis. En plus quand il revient de New-York, il me ramène des CD que nous n’avons pas chez nous et plein de fringues achetées chez Bloomingdale’s le magasin où travaille Rachelle dans Friends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’adore cette série. Je me reconnais dans les personnages c’est pas plus compliqué que cela en fait je crois. Mes friends à moi, enfin mes quatre copines historiques comme j’aime à les appeler me compare souvent à Rachelle. Cela doit venir de mon côté chipie, sentimentale à outrance tout en ayant eu une vie un peu dissolue avant de poser mes valises à côté de celles de Martin. Avant de le rencontrer, c’est vrai que je me suis un peu égarée. Disons plutôt que j’ai joué avec ceux qui voulaient jouer, c’est tout. Pas de bol pour eux, ils ont tous perdu. Comme pour FA-SI-LA Chanter, je ne demande pas la légion d’honneur. J’en étais fière à l’époque, j’en ai honte maintenant. Cette semaine, Martin est à New-York, il revient mardi soir, j’ai hâte d’ouvrir les paquets. Il me dit souvent que je suis sa statue de la liberté...je trouve ca beau. J'adore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/01/decdcf78a284ddcc714b604d1cdd85e7.png&quot; id=&quot;media-432891&quot; alt=&quot;410aa4d74e2862f9b0c71361e78529ea.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’eau de mon bain me semble parfaite : pas trop chaude, ni trop tiède. J’attrape au vol le supplément Fémina du Journal du Dimanche. Il n’y a pas grand-chose dedans mais ça détend comme un dimanche ensoleillé. Il devrait ajouter sur la première de couverture « À lire dans son bain ». Un fond musical brésilien coloré et chaud avec Stan Getz et Joao Gilberto en toile de fond. Les festivités vont pouvoir commencer. J’attends toujours d’être dans les conditions optimales pour commencer à faire quelque chose. Je ne savoure vraiment qu’une fois que tous les ingrédients de mes petits plaisirs sont mis en place. A ce moment précis, une petite voix sourde me dit «Elle est pas belle la vie».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au loin dans l’appartement -c’est snob de dire cela mais je vous rappelle que nous vivons dans 80 mètres carrés- j’entends le téléphone sonner. Hors de question de sortir de mon bain de jouvence, de toute façon, il y a le répondeur. J’entends vaguement au loin la voix de Martin et le bip de notre message d’accueil qui se déclenche. On a cherché pendant deux jours un message original pour arriver à celui – ci. « Jules et Jim (nos deux poissons rouges) sont seuls dans l’appartement. Ils sont sous l’eau et débordés : ils ne peuvent vous répondre alors laissez votre message ». Là aussi, je ne demande pas la légion d’honneur ! Je n’entends pas de voix laisser de message et me dit que j’ai bien fais de ne pas me lever pour rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/02/3ab529be9a94bd48e8b2649a17ba7c39.png&quot; id=&quot;media-432929&quot; alt=&quot;dd9ca582255141dbf29e4a250137c25d.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;20 minutes plus tard. Habillée et toute pimpante, je file dans la cuisine prendre une petite cuillère pour avaler un yaourt à 0%. Je n’ai rien mangé de la journée. 0% c’est dur à avaler mais c’est bientôt l’été alors je prends sur moi. A ma surprise, quelqu’un a du laisser un message car le répondeur clignote. En tout cas, ce ne doit pas être un chanteur d’opéra car je n’ai rien entendu. J’appuie donc sur la touche lecture du répondeur. Une voix anglaise très douce (déjà c’est bizarre), féminine de surcroît (c’est encore plus bizarre), c’est le double étonnement mais là pour le coup ma mère ne m’en voudrait pas. « Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? C’est une erreur» me dis-je. Malheureusement je comprends très vite que ce n’est pas une erreur quand j’entends le mot MARTIN. En version sous-titrée «  Martin, Bonjour mon French lover adoré. C’est Ashley. Quand revenez-vous à Londres ? Vous avez oublié des affaires chez moi la dernière fois. Autant vous dire Monsieur que j’ai hâte de vous revoir. Appelez-moi vite».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;Je rêve ça veut dire quoi ça !. Quelle connasse, quel salaud&quot;. 0% de matière grasse, 100% d’écoeurement. Je balance mon yaourt de colère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’écroule comme un château de cartes sur le parquet et laisse tomber ma petite cuillère. Rien à foutre. Maintenant, c’est moi qu’il va falloir ramasser à la petite cuillère. Un refrain abrutissant m’emprisonne l’esprit « C’est pas possible, C’est pas possible. Pas à moi, pas lui, pas Martin. Comment a t-il pu lui laisser le numéro de l’appartement, il l’a fais exprès ou quoi…». Je me sentais si forte, si sereine, si épanouie il y a 20 minutes. La roue a tournée. C’est mon tour de souffrance, mon chemin de croix qui commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes copines me l’ont toujours dit « Avec ce que tu as fais aux mecs dans le passé, il t’arrivera une tuile un jour ». Putain, elles aussi elles m’énervent : elles ont toujours raison. Triste comme un caillou, je pleure comme une madeleine. J’avais tellement confiance en lui. Je ne veux plus le revoir, je ne veux même pas comprendre, écouter ses explications merdiques de banquier. J’ai plus confiance, je me sens sale, meurtrie et dégoûtée. Mes copines n’auraient qu’une phrase à me dire et je ne veux pas l’entendre « Ma pauvre chérie, quel salaud, je n’aurais jamais pensé ça de lui. Il était tellement bien…blah blah blah…enfin tu te souviens on t’a toujours dit….blah blah blah….la roue tourne ». Des mouchoirs vite, je chiale tellement que le parquet va se mettre à flotter pour de bon. Remarque, je m’en fous de lui bousiller son parquet à ce gros con !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allongée par terre, le regard perdu dans le vide, je ne vois qu’une chose : la petite cuillère qui est devant moi sur le parquet. Je suis dans un tel état que je lui parle « Ta gueule la petite cuillère, qu’est-ce que t’as à me regarder comme ça ?». D’un coup, cette petite cuillère me renvoie à ma mère, à l’enfance. C’est dingue ce qui peut nous traverser l’esprit quand on se sent face à une traversée du désert. Jamais je n’ai pensé à mon enfance en prenant une petite cuillère pourtant à cet instant précis, cette petite cuillère me rassure : c’est du béton armé. Elle me fait penser à l’amour solide et éternel de ma mère. Des images de tendresse me viennent d’un coup «Une cuillère pour papa, une cuillère pour maman ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/01/5cdeaa2e6f630d428e9ac0913e5db7e0.png&quot; id=&quot;media-432896&quot; alt=&quot;4b77651668d0094896236e4b62eace46.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je décide d’appeler ma mère car je suis convaincue qu’au fond d’elle, elle n’aime pas Martin. Elle sera franche et méchante envers lui. J’ai besoin de ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« M’man….»&lt;br /&gt;« Comment vas-tu ma fille adorée. Tu m’appelles pour… »&lt;br /&gt;« Ca va pas du tout….Martin…Snif »&lt;br /&gt;« Quoi, qu’est-ce qui se passe ? »&lt;br /&gt;«….Maîtresse…Londres…Salaud…Snif ». &lt;br /&gt;« Quoi, qu’est-ce que tu dis ? »&lt;br /&gt;« Martin me trompe…. »&lt;br /&gt;« Quoi il a une maîtresse.. Quel ordure...j’en étais sûre» &lt;br /&gt;« Comment ça t’en étais sûre…Snif ? »&lt;br /&gt;« Pas qu’il avait une maîtresse mais que c’était une ordure…une intuition de maman »&lt;br /&gt;« J’ai pas la force d’être trahie maman : je ne veux plus qu’il me regarde dans les yeux»&lt;br /&gt;« Fuis-le. Je l’ai toujours trouvé chiant et puant avec son fric ton banquier»&lt;br /&gt;« Pourquoi tu ne me l’as jamais dit »&lt;br /&gt;« Tu avais l’air heureuse ma chérie…»&lt;br /&gt;« Je t’aime…M’man…» (je redouble de pleurs)&lt;br /&gt;« Arrêtes tu vas me faire pleurer aussi, tu ne m’as jamais dit ça non plus…»&lt;br /&gt;« M’man. Tu vas t’occuper de moi…Snif»&lt;br /&gt;« Bien sûr.... »&lt;br /&gt;« Tu sais j’suis pas belle à voir. Tu vas me ramasser à la petite cuillère »&lt;br /&gt;« T’inquiètes pas ma chérie, j’arrive avec une grande cuillère». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa réponse m’arracha un sourire qui me fit un bien fou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère est formidable et moi j’ai oublié de lui souhaiter une bonne fête des mères. C'est la cerise sur le gâteau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lefairesavoir.hautetfort.com/media/00/02/eff4c3260a0fc5440e381a5c8ebf7f00.png&quot; id=&quot;media-432898&quot; alt=&quot;f24cd3a29ba52d113407fe81f499d693.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://lefairesavoir.hautetfort.com/archive/2007/06/09/and-the-winner-is.html</guid>
                <title>And The Winner Is.</title>
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                <author>noreply@ (papao)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 10 Jun 2007 17:40:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    Première tentative sur ce blog ! La publication d'une première nouvelle (totalement fictive je le précise) écrite dernièrement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous aimez, faîtes le savoir haut et fort dans la rubrique commentaires en bas de cette note...d'autres suivront peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;******************************&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;And the winner is. &lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en ai marre de ne pas rêver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en parlais à une collègue ce matin à la machine à café. Je la connais depuis deux ans. Pour être tout à fait sincère, je lui parle plus par obligation que par plaisir. Sa vie n’a rien de passionnant et se caractérise par un manque de saveur affligeant et un côté totalement prévisible. Pourtant, ce matin, elle m’a surpris et ce qu’elle m’a raconté va peut être changer ma vie. &lt;strong&gt;Elle a cette chance que je n’ai pas : elle rêve. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis six ans maintenant, elle fait le même rêve toutes les nuits. Cela force le respect non ? Je suis très curieux de nature mais pour plusieurs raisons, je ne veux surtout pas lui demander la nature de CE rêve quotidien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Premièrement, je n’ai globalement aucune envie de rentrer dans son intimité.&lt;br /&gt;- Deuxièmement, je ne veux pas qu’elle me pourrisse ma journée avec une histoire sordide&lt;br /&gt;- Troisièmement, il n’est que 9h30 et ce soir je joue au foot avec mes copains. Nous sommes jeudi et c’est le jour de la semaine que je préfère.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fais tout pour ne pas avoir l’air intéressé par son rêve de six ans. Elle me prend pourtant au dépourvu et commence à vider son sac. Je n'ose pas réagir immédiatement avec une remarque du style « &lt;em&gt;Excuse – moi, mon portable vibre, on en reparle plus tard si tu veux bien&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le moulin à paroles se met alors en marche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Alors, tu vois, je suis en vacances dans les Landes. Nous allons là bas chaque été avec mon mari et les gamins. C’est un petit camping calme et familial, au sud de Biscarosse. Au moment où l’on éteint la lumière dans le mobile home, mon mari commence à me faire l’amour. D’habitude, je ne fais jamais de bruit. Sûrement parce que ça ne me fait plus rien qu’il me fasse l’amour. Tu verras après 20 ans de mariage mon petit, il n’y a plus de surprise. Mais dans mon rêve, je deviens une vraie chanteuse d’opéra. Je te promets, mon petit Nicolas, la Castafiore a côté c’est Laurie &lt;/em&gt;». Je m’en doutais, je sentais venir la catastrophe. Je ne voulais pas écouter son histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’appelle Nicolas et je suis le plus jeune dans mon service. Mes collègues ont 15 ans de plus que moi et disons que nous n’avons pas les mêmes préoccupations. Moi je refuse la fatalité. Eux s’en accommodent sans problèmes. Leurs conversations de bar-tabac PMU m’exaspèrent. Et puis, ils m’appellent tous ''le Petit Nicolas'' ce qui a le don de me rendre fou. « &lt;em&gt;Demande au Petit Nicolas, il est jeune et pas encore démotivé &lt;/em&gt;». Bande de nazes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir écouté ce récit poignant de Micheline, j’ai les jambes coupées et une seule envie : en vouloir à quelqu’un ou à quelque chose. Difficile d’en vouloir à Micheline, il faut bien qu’elle rêve la pauvre. Ne me demandez pas pourquoi mais là tout de suite, j'en veux à l'église : que voulez vous, il y a des sentiments que l'on n’explique pas. Ma tête résonne d’un refrain qui prend des airs de « &lt;em&gt;Putain, c’est pas vrai, qu’est-ce que j’ai fais pour mériter ça. 10 ans de catéchisme, un voyage de classe au Vatican, un baptême en bonne et dû forme. Au secours, aidez-moi ! Pourquoi ça tombe sur moi ? Je suis le petit Nicolas, vous ne pouvez pas me laisser tomber comme ça. &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce moment précis, je suis prêt à tout. Aller à une réunion où je ne suis pas convié, rentrer dans le bureau du PDG pour lui dire « &lt;em&gt;Ca va ? bien dormi hier soir &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas un collègue dans les environs. Il est trop tôt. A peine 9h45. Merci les 35 heures. Ils ne se rendent pas compte à Matignon que les 35 heures peuvent entraîner les salariés dans de grands moments de solitude. Par désespoir, je simule une crise d’appendicite mais dans la précipitation je me tiens le bas ventre du mauvais côté. Echec total. En plus, Micheline a son diplôme de premier secours. Elle a mis douze secondes à voir que je jouais la comédie. Elle commence à me gonfler Micheline : j'en ai des vapeurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Alors donc je te disais, je commence à hurler comme la Castafiore...&lt;/em&gt;». Micheline me fait rire, c’est ma seule consolation. « &lt;em&gt;...Ca dure des heures comme un opéra et je vois les lumières des mobile home voisins qui s’allument les unes après les autres. Forcément, les autres mecs deviennent fous. A 50 mètres de chez eux, il y a LE super plan, celui qu’ils attendent depuis qu’ils sont mariés&lt;/em&gt;». J’acquiesce et lui concède «&lt;em&gt;Je n’aime pas l’opéra mais je ne te cache pas que j’aurais dû mal à dormir aussi&lt;/em&gt;». Dans ma tête, le refrain s’accélère «&lt;em&gt;Mets les gaz Micheline, abrège. Il est 10h00, les premiers vont commencer à arriver &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime bien faire des blagues sur les horaires d’arrivée de mes collègues car là où je bosse c’est une bonne planque. Chez nous, autant vous dire tout de suite que l’on se sent beaucoup plus proche de Paris Plage que de Wall Street mais on fait quand même semblant d’être débordés. C’est la plus grosse difficulté de notre boulot d’ailleurs : faire semblant de s’intéresser, faire semblant de travailler, faire semblant d’avoir des idées et faire semblant d’être motivé sont les quatre piliers de notre quotidien. N’envoyez pas de CV, on tourne à plein régime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Micheline ne s’arrête plus. « &lt;em&gt;Après deux heures à hurler, je sors prendre l’air pour fumer une cigarette et là j’ai 50 mecs devant la tente qui m’applaudissent et qui me disent « Rendez – vous demain soir à 23h derrière la buvette du camping. Tu vois c’est con comme rêve mon petit Nicolas mais quelque part ça me fait rêver de savoir que je suis encore désirée&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant vous dire qu'à ce moment-là, je perds l’usage de ma voix et mes deux jambes tremblent comme là première fois où je suis monté sur un vélo. Je ne trouve rien d'autre à lui dire que « &lt;em&gt;C’est un bien beau rêve Micheline que tu nous fais là lui dis-je. Tu en parlé à ton mari &lt;/em&gt;». Je dois avouer que j'ai une bonne capacité à être moqueur avec mes collègues. J’imagine la tête de son mari en apprenant que la femme qui dort à côté de lui depuis 20 ans fait ce genre de rêve depuis 6 ans. « &lt;em&gt;Tu m’excuses Micheline, je dois te laisser car je dois aller faire semblant de m’intéresser avant d’aller faire semblant de travailler &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde rêve c’est ce qui est expliqué dans le bouquin que j’ai acheté chez France Loisirs « &lt;em&gt;Comprendre ses rêves&lt;/em&gt; ». Le problème, c’est que moi je ne me souviens jamais de mes rêves alors du coup je n’ai pas l’impression de rêver. C’est probablement un problème de concentration parce que j’ai le même problème au travail. Je ne veux pas en parler à mon généraliste alors pour essayer de me soigner tout seul, j’ai acheté un livre chez France Loisirs. On fait comme on peut, je vous le concède.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie de Micheline est chiante et inintéressante, j'en suis désormais convaincu mais je me suis vraiment bien marré. Grâce à elle, j’aurai un truc à raconter ce soir après le foot. Cependant moi je suis en quête de rêves mais un truc de géant, à l’Américaine : genre super héros de l’univers ou séducteur à Hollywood avec Julia Roberts, Demi Moore ou Sharon Stone à mes pieds.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, je vais jouer au foot après le boulot. C'est-à-dire vers 16h00. On joue une fois par semaine derrière la Porte de la Chapelle. Ca fait du bien de se dépenser en dehors du travail surtout quand on ne se dépense pas au travail. On joue une heure. Après le match, on passe un peu de temps à refaire des actions de matchs mythiques. On se prend pour Ronaldo, Zidane et autre Beckham. « &lt;em&gt;Centre de Ronaldo pour Zidane qui passe à Beckham et BUT ! &lt;/em&gt;» Bah oui, il faut bien rêver même éveillé. J’ai rencontré des gens intelligents et cultivés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dimanche matin, je regardais un match en tant que simple spectateur. Un des joueurs s’est blessé. Ils ont demandé autour du terrain si quelqu’un pouvait le remplacer. J’étais le seul spectateur alors le choix s'est imposé de lui-même. J’y suis allé et vu que j’ai un bon niveau en foot, j’ai marqué 3 buts. Notre équipe a gagné et j’ai été coopté pour intégrer l’équipe. Mes collègues de foot ont des bons boulots : ils sont tous consultants avec des emplois du temps totalement libres pour peu que le boulot soit fait. Un peu comme moi finalement mais en 100 fois plus intéressant et en 100 fois mieux payé surtout. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Après l'effort, on refait le match dans notre petite cantine Boulevard Diderot. Les copains de foot parlent beaucoup, commentent l’actualité. Ils en savent beaucoup sur la politique, l’économie ou l’histoire. Je me sens souvent largué dans ces conversations et j’ai ce sentiment désagréable de ne rien pouvoir apporter si ce n’est de les écouter les oreilles grandes ouvertes. J’ai les oreilles décollées alors ça m’aide beaucoup pour ne pas en perdre une miette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux fois par repas, je me lève pour aller aux toilettes et noter sur mon petit calepin les sujets de conversations abordés. Le lendemain, en arrivant au bureau je me documente sur le sujet. S’ils en reparlent un jour ou mieux encore lors d’un dîner avec d’autres personnes, je pourrai participer, fanfaronner et étaler ma culture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Indiscutablement, je me sens moins con depuis que je les connais. Ils m’apprécient beaucoup d'ailleurs car je ne suis pas comme eux, enfin pas du même milieu. Je suis un petit gars de banlieue, un titi de paname. Je les aime bien pour les mêmes raisons. Si tout va bien, je vais rentrer chez moi un peu d’équerre par la dépense physique et par l’alcool. Ils picolent pas mal les Golden Boys. Ils disent que ça leur fait du bien pour évacuer la pression qu’ils ont eu au boulot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;23h55. J’arrive chez moi non sans mal et non sans avoir éviter un contrôle de police qui aurait pu m’être fatal. Nous avons bu un rosé pas assez frais et surtout pas assez bon. J’aime bien le vin. Mon père m’a initié un peu : c’est un amateur alors je m’y connais un peu. Pourtant, je ne la ramène pas trop là-dessus car les copains du foot se moquent de moi. J’ai eu le malheur de vouloir faire le malin une fois. J’ai choisi une bouteille, elle s’est avérée être dégueulasse. Depuis je ne vous raconte pas ce que j’entends « &lt;em&gt;Bon le sommelier en culotte courte, tu commandes l’eau. On s’occupe du vin &lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’allume la télé. Je tombe sur la rediffusion d’un jeu télévisé. Je regarde sans regarder en ouvrant mon courrier. Rien de passionnant une facture de téléphone et une publicité pour un institut de beauté qui propose des séances d’épilation à moins 25% à partir de la semaine prochaine. Un peu barbant comme réjouissance. A la télé, j’entends les questions qui défilent, les candidats qui se trompent et moi qui peste « &lt;em&gt;Pourtant, c’était pas dur, c’est Rotterdam le plus grand port du monde &lt;/em&gt;». J’ai un tel temps libre au boulot que je passe une bonne partie de mon temps à surfer sur Internet. Je ne suis pas très bien payé mais on a beaucoup d’avantages en nature comme l’accès à Internet. Je n’étais pas bon élève à l’école mais j’ai toujours été curieux. Alors je surfe là où la vague m’emmène. Je veux regarder un thème ou un sujet précis et par ricochet je découvre autre chose. Je suis notamment devenu très bon en géographie. Quand il ne fait pas beau à Paris, je regarde la météo des villes du bout du monde. Ca me permet de m’évader un peu. Par lien, je découvre aussi l’histoire et la culture des pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense avoir identifié mon problème : je rêve éveillé. Du coup, ça ne compte pas vraiment et surtout ça ne me suffit plus. Quand on rêve éveillé, on s’évade mais on ne rêve pas vraiment. On ne fait finalement que penser à des thèmes d’évasion bien trop sages. Micheline rêve vraiment et c’est pour cela qu’elle rêve à un truc dingue, à quelque chose qui n’a rien à voir avec sa vie super chiante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant ça suffit ! je veux rêver endormi comme tout le monde. J’espère bien commencer une deuxième journée et je me souhaite qu’elle soit bien plus passionnante que la première. L’idée même de ne pas savoir quelle idée de rêve je vais bien trouver me fait un peu peur. Je m’apprête à me coucher et comme un gamin qui passe un examen, j’ai une petite boule dans le ventre. J’espère que le grand soir est pour cette nuit. Ma grande crainte serait d’être l’un des cinquante mecs qui attendent à la sortie du mobil home de Micheline. Dans ce cas, ce serait un cauchemar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;0h43. Je ferme les yeux. Je ne pense qu’à rêver. Mon cerveau est en ébullition. Evidemment, je ne trouve pas le sommeil. Je rêve encore éveillé. J’en ai marre. 1H58. Toujours pas endormi mais pourtant épuisé. En 1h15, j’ai successivement été écrivain à succès, prix Nobel de la paix, star du cinéma et cousin de Zinédine Zidane. Je suis claqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8h00. J’ouvre les yeux. J’ai rêvé, c’est certain. D'ordinaire je me lève léger comme une plume et la tête totalement vide, vierge de tous souvenirs et ce matin, j’ai la tête pleine : c’est un signe qui ne trompe pas. Je me sens encore dans mon rêve. Mon histoire n’est pas finie alors je prends l’initiative de me rendormir aussi longtemps qu’il faudra pour écrire moi-même le mot FIN. De toute façon, je ne suis pas pressé, nous sommes vendredi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Mesdames et Messieurs Bonsoir. Nous sommes le 31 décembre. Bienvenue à ''And the Winner is'&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;'. (le présentateur de l'émission, Sylvestre de son prénom, est sur son 31)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;2 candidats exceptionnels ce soir. Micheline et Nicolas. Cette première saison de notre jeu désormais culte prendra fin ce soir. Nous avons parmi nous les 2 meilleurs candidats de l’année : c’est la grande finale, le grand soir. Dans quelques minutes, vous connaîtrez le nom du vainqueur. Qui de Micheline ou Nicolas repartira célébrer la nouvelle année avec 1 million d’euros en poche. Le suspens est total. Les 2 candidats ont un niveau exceptionnel : ils ont passé toutes les étapes et répondu à des centaines de questions pour en arriver là. A émission exceptionnelle, principe exceptionnel. 12 questions. Le premier à obtenir les 12 bonnes réponses repartira avec 1 million d’euros. Le bonheur est à ce prix. Le suspens est total. Bon courage. Bonne chance à tous les 2. La tension est à son comble. Que le jeu commence !&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Micheline est dans mon rêve. Ca pouvait mieux commencer mais quand on rêve on ne décide pas de tout. Elle gagne le tirage au sort. Je n’ai pas la main, ça me donne la rage. C’est elle qui va commencer. Dans mon rêve, Micheline est une sorte de tueuse à gage niveau culture. Une mitraillette à répondre juste. Plusieurs fois, elle a répondu juste avant même la fin de la question. Impressionnante, rapide comme l’éclair, cultivée : tout ce qu’elle n’est pas dans la vie. Le public l’aime bien. Je le sens. Elle a fait un sans faute jusqu’à la 11ème question. Elle est vraiment forte. Rien à voir avec celle de la machine à café. Encore une bonne réponse de Micheline et la partie est finie. J’ai les boules. Vraiment. ''And the winner is'' est un jeu cruel, injuste mais terriblement excitant. C’est pour cela que des millions de téléspectateurs le suive tous les samedi soir depuis un an. Il y a tellement peu de suspens dans la vie de beaucoup de gens que les gens adorent ce type de programme. Placé entre la fin de la météo et le début du journal, l’émission cartonne niveau Audimat. Les gens regardent tous la météo. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Micheline, je le répète encore une fois. Une bonne réponse à cette question est vous repartez avec 1 million d’euros. Rendez-vous compte Micheline : 1 million d’euros pour être heureuse. Le public ici est debout. Vous aussi derrière vos écrans, vous êtes debout. La France retient son souffle. Micheline vous allez peut-être devenir riche. Le suspens est à son comble, je ne vous avais pas menti. Une bonne réponse de Micheline et Nicolas aura perdu sans même avoir joué. C’est le principe de l’émission. ''And the winner is'' est cruel, c’est son principe. Une page de publicité. Micheline est à une question des 1 millions d’euros. A tout de suite. Restez avec nous.&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si elle répond juste, je reprends ma vie de merde jusqu’à la nuit prochaine. Après tout les efforts que j’ai fais pour avoir une culture générale digne de ce nom…. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Retour ici au studio 54. Micheline va-t-elle craquer ? Micheline va-t-elle supporter cette pression incroyable ? Face à 1 million d’euros, comment vous sentez-vous Micheline ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Mal. Très mal. Je ne me sens plus à vrai dire. Il faudrait que quelqu’un d’autre me sente à ma place. Vite. Sylvestre, posez-moi vite la question je vous en supplie ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Micheline, 1 million d’euros. Micheline vous êtes prête. Micheline concentrez-vous, votre vie peut changer dans moins de 10 secondes. Si vous n’avez pas la bonne réponse, rien ne sera perdu pour autant. Micheline, c’est à vous. 1 million d’euros…&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;En quelle année, a été commercialisé le premier mobil home ? &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Euh…Euh…1981&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Micheline…Micheline….c’est votre dernier mot&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;J’ai gagné ?….J’ai gagné ?…&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Micheline….Quelle tristesse. Quel dommage. La réponse était 1980. Micheline vous venez de passer devant 1 million d’euros. Allez, rien n’est perdu. Quelle intensité ici. Vous avez encore une chance de gagner si Nicolas échoue avant la 11ème question. Si Nicolas échoue comme vous à la 11ème question, nous vous départagerons par un face à face de rapidité sur une question. Le suspens reste entier. La France n’en peut plus. Nicolas a vous de jouer. 12 questions, 1 million d’euros. Tous vos rêves peuvent devenir réalité dans moins de 5 minutes. Mon petit Nicolas, 1 an de lutte pour en arriver, c’est maintenant ou jamais. A vous de jouer…&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Micheline fond en larmes. Elle a répondu à des milliers de questions incroyables sur tous les thèmes possibles et inimaginables et elle se fait planter sur une question dont elle aurait pu connaître la réponse. Elle dort depuis des années dans un mobil home. Je souris malicieusement. Définitivement, ''And the winner is'' est cruel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Nicolas main sur le buzzer. Une vie de rêve vous tend les bras. Nicolas, mon petit Nicolas c’est parti&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’animateur commence à me gonfler avec ces «&lt;em&gt;Mon petit Nicolas par ci, mon petit Nicolas par là. Il va finir par me déconcentrer moi qui a des gros problèmes de concentration&lt;/em&gt;.» &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Quel est le vin Californien le plus célèbre ?&lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Opus One&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Exact. 1 point. Nicolas va-t-il faire boire à Micheline le calice jusqu’à la lie ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Où se trouve le plus grand tunnel du monde ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Norvège&lt;/em&gt;». &lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Exact. 24 kilomètres de long. 2 point. Le bout du tunnel est encore loin mon petit Nicolas&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Quelle est la devise du Québec ?&lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Je me souviens&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Exact. Quelle mémoire Nicolas. C’est impressionnant. 3 point.&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Où se trouve la seule église du monde sur deux étages ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Venise&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Formidable. 4 points. Nicolas reste dans la course : les dieux sont avec lui. Encore 8 bonnes réponses et c’est la victoire&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Quelle ville d’Allemagne est célèbre pour son parfum?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Cologne&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;5 points. Quel suspens. Ca sent mauvais pour Micheline&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Quel est le plus grand aéroport du monde ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Chicago&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Incroyable. La moitié du chemin est faîte. Nicolas est lancé. Plus rien ne semble pouvoir l’arrêter. Nicolas est en train de s’envoler. 6 points&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;De quelle origine est l’inventeur du Rubis Cube ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Hongroise&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Et de 7. Un casse-tête pour tout le monde sauf pour Nicolas. Quelle culture&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Quelle est la plus petite capitale du monde ?&lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Malé aux Maldives&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;8 points. Encore 4 et vous pourrez y aller en vacances&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Quel est le monument payant le plus visité au monde ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;La Tour Eiffel&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Nicolas prend de la hauteur. Exact. 6 millions de visiteurs par an. Enorme suspens. Attention Nicolas, les dernières marches sont toujours les plus dures. Vous êtes à deux points de l’égalisation&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Où se trouve le pont suspendu le plus long du monde ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;New-York&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Bonne réponse. C’est le Verrazzano Bridge à New – York. A 1 point de l’égalisation. Le rêve américain de Nicolas est en train de prendre forme. Nous sommes suspendus à ses réponses. De mémoire d’animateur, je vous promets que j’ai rarement connu un tel dénouement. Nicolas concentration totale. C’est la question où vous pouvez tout perdre&lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Combien y’a-t-il de minarets à la Mosquée Bleue d’Istanbul?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Six&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Oui Oui ! Formidable. C’est l’égalisation…Micheline et Nicolas sont à égalité. Quel silence dans le studio : on se croirait à la Mecque&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Dernière question. Tout peut basculer. Attention Nicolas. Micheline revient dans la course si vous échouez à cette question. Je n’ai jamais vu un tel suspens. Nicolas, 1 million d’euros au bout de cette question. Nicolas, mon petit Nicolas. A vous de jouer&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Qui a fait le rêve le plus connu au monde ?&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Euh…Euh….Martin Luther King&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Oui ! Oui ! Oui ! And the Winner is NIIIICCCCOOOLLLLAAAAS. Formidable. Bravo. Incroyable. 1 million d’euros Nicolas. 1 million d’euros. Le rêve devient réalité. Quel suspens exceptionnel. Quelle émotion. Nicolas, mon petit Nicolas vous avez été grand, très grand ce soir. Nicolas un mot pour le public&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt;Euh, Euh…je ne sais pas quoi dire….j’ai l’impression d’être dans un rêve&lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;FIN&lt;/strong&gt;
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